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Copyright © 2012 Kate McMullan

Titre original anglais : Myth-O-Mania : Say Cheese, Medusa

Copyright © 2017 Éditions AdA Inc. pour la traduction française

Cette publication est publiée avec l’accord de Capstone, North Mankato, MN

Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.

Éditeur : François Doucet

Traduction : Patricia Guekjian

Révision linguistique : Féminin pluriel

Correction d’épreuves : Nancy Coulombe et Féminin pluriel

Conception de la couverture : Denis Zilber

Montage de la couverture : Amélie Bourbonnais

Illustrations et cartes à l’intérieur : Bob Lentz

Mise en pages : Sébastien Michaud

ISBN papier 978-2-89767-882-1

ISBN PDF numérique 978-2-89767-883-8

ISBN ePub 978-2-89767-884-5

Première impression : 2017

Dépôt légal : 2017

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Bibliothèque et Archives Canada

Éditions AdA Inc.

1385, boul. Lionel-Boulet

Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada

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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque
et Archives Canada

McMullan, Kate

[Say cheese, Medusa ! Français]

Dis fromage, Méduse !

(Myth-O-Manie ; 3)

Traduction de : Say cheese, Medusa!

Pour les jeunes de 9 ans et plus.

ISBN 978-2-89767-882-1

I. Guekjian, Patricia. II. Titre. III. Titre : Say cheese, Medusa ! Français. IV. Collection : McMullan, Kate. Myth-O-Manie ; 3.

PZ23.M345Di 2017 j813’.54 C2017-940523-3

Diffusion

Canada : Éditions AdA Inc.

France : D.G. Diffusion

Z.I. des Bogues

31750 Escalquens France

Téléphone : 05.61.00.09.99

Suisse : Transat 23.42.77.40

Belgique : D.G. Diffusion 05.61.00.09.99



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Méduse étaIt une gorgone, un monstre ailé avec des serpents en guise de cheveux. TouS ceux qui regardaient son visage se pétrifiaient. Persée, fils audacieux du brave et puissant Zeus, attendit que Méduse s’endorme, puis décapita sa tête horrible.

Prologue

Salutations des Enfers ! C’est moi, Hadès, revenu pour vous dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité en ce qui concerne un certain mythe grec. Pourquoi est-ce que je pense que vous ne connaissez peut-être pas la vérité ? Je vais vous l’expliquer en quatre lettres : Z-E-U-S.

Mon petit frère Zeus est roi des dieux. Il est aussi roi des mensonges. Les mensonges glissent sur sa langue comme si elle était enduite de beurre. Toutes sortes de mensonges : des petits, des gros, des mignons, des pas si mignons, des bleu blanc rouge avec des pois. Il est un vrai myth-o-maniaque, mot grec ancien qui signifie « gros menteur ». Et lorsque Zeus a décidé de « corriger » Le Grand Livre de la mythologie grecque, tout ce qu’il a fait est d’y ajouter mensonge par-dessus mensonge.

Vous n’avez qu’à voir ce qu’il a fait à l’histoire de Méduse. Allez-y. Lisez directement dans Le Grand Livre par vous-même :

Cela ressemblait tellement à un fils de Zeus, de surprendre sa victime pendant qu’elle dormait ! Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Persée n’a jamais décapité de Gorgone. Méduse est bel et bien vivante et aux dernières nouvelles, elle était propriétaire d’un spa populaire en bord de mer. De plus, elle n’est pas née avec des serpents en train de sortir de sa tête. Ces serpents étaient l’idée d’Athéna. Allez, laissez-moi vous raconter l’histoire de Méduse. Vous savez que moi, Hadès, je vous dirai toujours la vérité.

Sans blague !

Chapitre 1

Le fromage se tient seul

Tout cela a commencé la première fois que ma reine, Perséphone, eut à remonter sur Terre pour faire son truc de déesse du printemps.

— Hadès, appela-t-elle. Viens m’aider à fermer ces valises !

Je me dirigeai vers la chambre à coucher avec mon chien à trois têtes, Cerbère, sur mes talons. Je m’arrêtai rendu à la porte. La chambre était remplie de douzaines de grandes valises bourrées. Aucune d’elles ne semblait pouvoir être fermée. Jamais de la vie !

— Assieds-toi sur celle-là, s’il te plaît, Hadès, dit Perséphone en montrant une valise du doigt. Saute dessus un peu.

Je le fis. Moi, roi des Enfers. Ce n’était pas digne du tout.

— Saute plus fort, Hadès, dit Perséphone. Voilà. Tu as réussi !

Perséphone n’est pas une déesse qui voyage léger. Elle avait passé toute une semaine à emballer ses dizaines de robes et tuniques. Cela, sans mentionner ses sacs à main, bandeaux et ceinturons (ancien mot pour « ceinture »). Mais c’était ses tonnes de sandales qui la faisaient dépasser les bornes, en matière de bagages. Mon chien et moi dûmes nous asseoir sur chacune des valises bourrées pour qu’elle puisse les fermer.

— Merci, Cerbie, dit Perséphone lorsque la dernière serrure de valise cliqua enfin.

Elle caressa chacune de ses trois têtes.

— Merci, Hadès.

Elle caressa ma tête aussi.

Cerbère remua sa queue trapue. Grâce à son triple cerveau, il avait compris que toutes ces valises signifiaient que Perséphone s’en allait, « bye-bye ». Il est un chien à un seul dieu, et ce qu’il aime plus que tout est de m’avoir pour lui tout seul.

Perséphone avait promis de monter sur Terre chaque printemps. Sa mère, Déméter, est la déesse de l’agriculture. Qu’il s’agisse de blé, de maïs, de germes de luzerne, peu importe, Déméter est chargée de les faire pousser. Lorsque Perséphone avait annoncé à sa mère qu’elle voulait m’épouser et devenir reine des Enfers, Déméter avait piqué une crise. Elle avait prêté un serment inviolable sur la rivière Styx que si Perséphone vivait aux Enfers, toutes choses vivantes sur la terre mourraient. Eh bien, Terre-Mère, ma grand-mère Gaïa, n’allait certainement pas accepter ça ! Il y eut une grande bataille en cour et enfin, il fut décidé que Perséphone ne pouvait être ma reine qu’à temps partiel.

Maintenant, Perséphone vit aux Enfers avec moi pendant trois mois dans l’année. Déméter tient sa parole et arrête de s’occuper des plantes sur la terre, et elles meurent. Vous, mortels, appelez cette période « hiver ». Puis, le XXI mars de chaque année, Perséphone retourne sur terre pour apporter le printemps. Puis, elle y reste pendant neuf mois pour aider sa mère. Puis, le XXI décembre, elle revient chez moi. Vous pouvez penser que c’est un drôle d’arrangement, mais cela fonctionne très bien pour Perséphone et moi.

— Voilà, Hadès, dit Perséphone en me remettant une petite boîte emballée. Je t’ai acheté un petit cadeau de départ.

— Sans blague.

J’arrachai le papier et ouvris la boîte.

— Un portefeuille ! dis-je en tentant de cacher ma déception. Oh, P-phone, t’aurais pas dû.

— Ce n’est pas un portefeuille ordinaire, Hadès, dit Perséphone. J’ai fait mettre un monogramme. Tu vois ?

Je le retournai. Effectivement, des lettres dorées étaient embossées dans le cuir : R.H.M.D.E.

Je levai le regard, perplexe.

— R.H.M.D.E. ?

— Roi Hadès Maître Des Enfers, expliqua-
t-elle.

Perséphone ramassa le grand sablier que je garde sur mon armoire et me le donna.

— Mets ça dans le portefeuille.

— Tu blagues ? dis-je. Cette affaire est énorme.

Perséphone me lança un de ses regards, donc j’ouvris le portefeuille. À ma grande surprise, il se mit à grossir pendant que je l’avais dans les mains et le sablier y entra facilement. Puis, le portefeuille revint à sa taille originale sous mon regard.

— Wow ! m’exclamai-je. Comment est-ce que ça fait ça ?

Perséphone haussa les épaules.

— Il est magique, dit-elle. Je l’ai commandé à partir du catalogue Nymphes du Nord. Il grandit pour contenir tout ce que tu veux transporter. Ensuite, il rapetisse pour que tu puisses le mettre dans ta poche.

— Merci beaucoup, ma Persé-chérie ! dis-je.

Puis, je me rendis compte que je ne lui avais pas acheté de cadeau.

— Mmh… et pour ton, euh, cadeau…

— Oh, arrête ça, Hadès, dit Perséphone. Je sais que tu ne m’as pas acheté de cadeau. Je voulais te faire une surprise, c’est tout. Mais si tu veux vraiment me faire un cadeau, tu peux m’inviter à manger au Underworld Grill ce soir.

— Ça marche ! dis-je.

— Parfait, répondit Perséphone en souriant. Nous avons une réservation à XX heures. Et après le souper, tu peux m’emmener au spectacle à Élysée. Blue Cheese Blues joue ce soir. Ils sont trop cool !

Nous nous sommes amusés.

* * *

À la première heure, le lendemain matin, j’attelai mes étalons, Harley et Davidson, à mon plus gros chariot et conduisis Perséphone jusqu’à la terre. Je l’amenai jusqu’à la porte du petit appartement qu’elle avait loué à Athènes pour la saison du printemps et j’entrai ses valises. Elles pesaient une décatonne ! Lorsque j’eus terminé, j’étais recouvert de drosis (ancien grec pour « sueur de dieu »).

— Bye, Hadès, dit Perséphone en me faisant un câlin. Tu vas me manquer !

— Bye, P-phone ! dis-je. On se voit le week-end prochain !

Je repartis vers les Enfers. Charon me transporta de l’autre côté de la rivière Styx, et je déposai la pièce d’or usuelle dans sa main avide.

— Oh, seigneur Hadès ? dit Charon alors que je menais Harley et Davidson hors de son bateau. J’ai entendu dire qu’il y a un petit problème au motel Styx.

Le motel Styx est le quartier temporaire des fantômes qui viennent d’arriver aux Enfers. Lorsque je m’y rendis, je découvris que toutes les toilettes de l’endroit débordaient. Petit problème ? Ha ! Les nouveaux fantômes hurlaient et se plaignaient. Certains avaient même détruit leurs chambres en guise de protestation. Cela me prit le reste de la journée pour rassembler les fantômes plombiers et les envoyer là-bas pour nettoyer les dégâts.

Enfin, je me dirigeai vers mon palais, Villa Pluton. J’avais travaillé si fort toute la journée que je n’avais pas eu le temps de m’ennuyer de Perséphone. Mais en passant la porte du palais, cela me frappa. Perséphone n’y était pas. Et elle ne le serait pas pendant des mois. Je soupirai en m’en allant dans le corridor avec Cerbie.

— Oh oh, s’exclama Tisi lorsque j’entrai dans le salon.

Elle me fixa avec ses yeux rouges féroces.

— Quelqu’un s’apitoie sur son sort, ce soir.

— OK. Perséphone me manque, dis-je.

Je me laissai tomber dans mon fauteuil La-
Z-Dieu avec un Necta-Cola bien froid et levai le repose-pieds.

— Que dirais-tu qu’on commande une pizza et qu’on regarde la lutte ?

Tisi secoua la tête. Les douzaines de serpents qui sortaient de son cuir chevelu se mirent à siffler doucement.

— Meg, Alec et moi avons un horaire de vengeance chargé ce soir. (Tisi et ses sœurs sont des Furies, dont le travail est de punir les méchants.)

— De plus, nous devons défaire une punition, ajouta-t-elle.

Elle étira une aile noire lustrée et ensuite l’autre en préparation pour son vol jusqu’à terre.

— Tu te souviens de ce jeune mortel à Thèbes dont je t’ai parlé ?

— Celui qui ne voulait pas aider sa mère à faire entrer les chèvres du pâturage ? demandai-je.

— Oui, lui, dit Tisi en hochant la tête. La semaine passée, nous lui avons donné l’Œil rouge. Nous l’avons hypnotisé et lui avons fait croire qu’il était une chèvre. Il était si drôle, à gambader et trotter avec le troupeau. Même sa mère le trouvait drôle. Mais assez, c’est assez. Ce soir, nous allons le ramener à lui-même. Je dois y aller, Hadès. À plus !

J’envoyai la main alors que Tisi partait.

— Eh bien, Cerbie, dis-je. C’est juste toi et moi, ce soir, garçon.

Cerbère ne répondit pas. Je baissai le regard et vis qu’il s’était endormi à mes pieds.

— Ça sera juste moi, alors, marmonnai-je en me sentant très seul.

J’allumai la télévision. Un annonceur enjoué disait :

— Et pour une promesse de 50 drachmes, nous vous enverrons le sac « Hugs » Python officiel !

Ah non. J’avais oublié que c’était la semaine du téléthon au poste de lutte. Tous les matchs étaient suspendus jusqu’à ce qu’ils atteignent leur objectif.

— Ou pour une promesse de seulement 200 drachmes – une photo de Hugs apparut à l’écran montrant le serpent avec une ceinture de lutte en argent –, nous vous enverrons une copie signée de la toute nouvelle autobiographie de Hugs, Squeeze Play.

Je ne suis pas admirateur de Hugs, mais mon petit frère, Poséidon, est fou de ce serpent. Po est le maître des mers. À ce moment, il était dans une phase de dieu-fêtard. Il avait mis des mèches bleues dans ses cheveux et il portait une boucle d’oreille en forme d’hippocampe. Il s’amusait à faire la course dans son chariot décapotable couleur corail pour tenter d’impressionner les déesses de mer.

Mais Po était quand même un bon compagnon. Nous avons été seuls pendant des années à grandir dans le ventre de père. C’est pourquoi je suis plus proche de Po que de tous mes autres frères et sœurs. Je décidai de l’appeler.

Nous, les dieux, avions des téléphones et autres gadgets de haute technologie depuis des siècles, bien avant vous, mortels. Mais récemment, Déméter avait inventé un minuscule téléphone portable. Elle ne l’avait fait que pour une seule raison, surveiller Perséphone. Mais peu après, la plupart de nous, dieux, se sont procuré ces petits téléphones. J’appuyai sur le numéro du palais des îles de Po sur ma composition automatique.

— Hé, Po, dis-je lorsqu’il répondit. C’est moi, Hadès.

— Hadès ! Mon vieux croûton, dit Po. Quoi de neuf ?

— Pas grand-chose, répondis-je. Perséphone a dû remonter sur terre. Es-tu libre pour le souper ?

— Aussi libre qu’un poisson, grand frère, dit Po. Viens !

— J’arrive !

Je bondis hors de mon La-Z-Dieu. Cerbie dormait toujours et deux de ses bouches ronflaient.

— À plus, mon chiot !

Je me dépêchai à la chambre pour chercher mon casque d’invisibilité. C’était un cadeau de mes oncles cyclopes, et je ne pars jamais de la maison sans lui. Lorsque je le mets sur ma tête, POUF ! je disparais. (Du moins, c’est ce qui arrive XCV pour Cdes fois. L’autre V pour C, le casque crache des flammèches et fait un court-circuit.)

Je glissai le casque dans mon portefeuille et le regardai, ahuri, alors qu’il rapetissait à sa taille de poche. Il fallait que je l’admette ; Perséphone m’avait fait un cadeau incroyablement utile. Que pourrais-je lui donner ? me demandai-je alors que je glissais le portefeuille dans la poche de ma robe. Je fixai mon lunx (ancien grec pour « lampe de poche ») à ma ceinture et me dirigeai vers l’étable. Là, j’attelai Harley et Davidson à mon petit chariot à II places et je galopai jusqu’à terre.

Nous, dieux, pouvons voyager presque instantanément vers la plupart des endroits du cosmos. Nous n’avons qu’à chanter une incantation d’astrovoyage, et ZIP ! nous sommes rendus. (D’où pensez-vous viennent les codes zip utilisés dans certains pays ?)

Mais l’astrovoyage ne fonctionne pas, pour nous faire entrer ou sortir des Enfers. Il faut environ neuf jours à la plupart des immortels pour voyager entre la Terre et mon royaume. Même moi, roi de l’endroit, je dois voyager à l’ancienne : à pied, à dos d’âne ou par chariot. Heureusement, je connais un super raccourci, et ce jour-là je montai sur Terre en moins de deux heures.

Je galopai jusqu’au garage à chariots de Phaéton, à l’extérieur d’Athènes, et je laissai mon chariot dans le stationnement de courte durée. Puis, je chantai l’incantation, et zip, quelques secondes plus tard, mes pieds touchaient le sable de l’île de Po. J’avançai sur le sentier en coquillages d’huître écrasés qui menait à Cabana Calypso, le palais de Po, lequel est bâti entièrement de coquillages. L’une des nymphes de mer de Po me laissa entrer.

— Votre frère est en train de s’habiller, roi Hadès, dit-elle.

Je la remerciai et me dirigeai dans le corridor.

— Po ? appelai-je.

— Dans la salle de bains, Hadès, répondit-il.

Je me retournai et trouvai Po en train de sourire dans son miroir décoré de coquillages.

— Hé hé, Hadès ! dit-il en se mettant beaucoup trop de parfum Brise de mer. Es-tu prêt à faire la fête, grand frère ?

— De quoi parles-tu, Po ? demandai-je. Nous allons juste souper.

— Pas de drosis, Hadès, dit Po. Nous allons souper. Sauf que maintenant, nous allons être accompagnés de trois des plus belles déesses de la Lune de ce côté d’Olympe.

Ses yeux bleu mer s’illuminèrent.

— Ce sont de vraies beautés, Hadès. De longs cheveux soyeux, de beaux…

— Wô ! dis-je. Je ne cherche pas à faire la fête ce soir, Po !

— Tu vas embarquer, grand frère, dit Po.

Il saisit mon coude et commença à me tirer dans le corridor avec lui.

— En premier, on va aller faire de la tripe. Tu ne croiras pas mes nouveaux dauphins, Hadès. Ils sont des démons de vitesse. Ils atteignent environ 200 décamètres par seconde. C’est comme voler !

J’essaie de ne jamais voyager sur l’eau parce que j’ai le mal de mer. Même les chaloupes me rendent malade. Mais Po me traîna jusqu’à son quai et me tira à côté de lui dans le chariot de mer. Une énorme glacière reposait sur le siège arrière avec la vessie de monstre de mer gonflée que Po utilisait pour faire de la tripe.

— Oh, et devine qui d’autre s’en vient avec nous, frérot ! dit Po. Zeus.

— Zeus ? criai-je. Pourquoi ne me l’as-tu pas dit !

— Je viens de le faire, dit Po en réchauffant ses dauphins. Relaxe, Hadès ! cria-t-il alors que nous commencions à sauter follement par-dessus les vagues.

— Nous trois n’avons rien fait d’amusant ensemble depuis notre voyage aux Enfers, lorsque nous avons sorti les Cyclopes de prison.

Je ne pouvais pas crier plus fort que le bruit. Les nouveaux dauphins de Po poussaient des cris vraiment stridents, et avec toute cette eau qui m’arrosait le visage je me contentai de hocher la tête. Passer une soirée avec Po en mode dieu de la fête avait des points négatifs, mais passer une soirée avec Zeus ? Ce serait de la torture ! J’allais devoir écouter les vantardises incessantes de ce vieux myth-o-maniaque, ses mensonges sans fin. Qu’est-ce qui pourrait être pire ?

Puis, Po cria :

— Nous rencontrons Zeus au tout nouveau temple d’Athéna ! Il est ouvert depuis seulement quelques jours. J’ai pensé que ça serait un endroit idéal pour un piquenique au clair de lune.

— Quoi ? criai-je. As-tu perdu la tête ? Athéna ne permet qu’aux mortels qui apportent des sacrifices vraiment spectaculaires de mettre le pied dans ses temples. Elle considère ce nouveau temple comme le plus sacré de tous ! Elle deviendrait complètement folle si elle savait qu’on y allait pour faire un piquenique !

— Je sais, je sais ! répondit Po en criant. C’est pourquoi ça va être si amusant !